Docteur, écoutez

Analyse du livre  » Docteur, écoutez !  » de Anne Révah-Lévy et Laurence Verneuil . Livre lu au mois de juin 2019, prêté par J-M .

23 secondes, c’est en moyenne le temps de parole du patient, avant que le médecin ne l’interrompe pour diriger l’entretien. Pourtant on a tout à gagner à se faire entendre. En France la durée moyenne d’une consultation varie de 14 à 19 minutes. Pourtant il nous est tous arrivés de sortir du cabinet du médecin et de n’avoir rien dit, ou, de ne pas avoir été écouté par un médecin qui n’a pas levé les yeux de son écran d’ordinateur! Parfois même, cela m’est arrivé, d’attendre 4 mois un rendez vous chez un spécialiste, qui le moment venu, après être arrivé avec une heure de retard, m’a expédié. J’ai eu honte de l’avoir dérangé! Quand au prix de la consultation… Dieu merci, dans un moment de lucidité, j’ai eu la bonne idée de ne pas suivre ses conseils. Et finalement ce qu’il m’avait proposé avec une hospitalisation de trois jours à saint Georges, c’est fait en ambulatoire en une demie journée à l’Archer… Mais revenons au livre, les deux professeurs qui ont écrit le livre ont reçu des dizaines de témoignages identiques au mien. Pourtant moins d’écoute , amène par la force des choses, plus d’erreurs de diagnostic, plus de prescriptions inutiles, plus d’examens complémentaires … « L’ écoute n’est pas un acte de confort, cela fait parti du soin » Car c’est évident que si l’on est pas écouté, on a pas envie de parler. Il faut impérativement que que la consultation devienne une coopération constructive entre le vécu du patient et le savoir du médecin.

Une initiative communautaire codirigée avec des patients partenaires pourrait améliorer les soins aux personnes ayant des besoins sociaux et de santé complexe.

L’écoute réciproque est à la base de toute profession fondée sur l’humain. Les conditions d’exercice devraient toujours être fonction de cette priorité.

Idéalement, en santé, le patient est encouragé dans sa prise de parole, suffisamment écouté… et sa personne globalement entendue dans son mal ou mal être. Se présenter en retard, baisser le regard, préférer un débit accéléré, s’empresser de congédier « le client »… sont les meilleurs moyens de tuer la médecine, son sens et son âme.

« C’est le temps que tu as perdu pour ta rose, qui fait que ta rose est si importante… » confie au Petit Prince un certain renard doux et avisé.

Une vraie relation de soin ne peut se construire sans le soutien des institutions ni sans la volonté de se rendre disponible au patient, et de l’impliquer dans ses soins avec attention et bienveillance.

Essayons, en toute circonstance, de regarder ensemble dans la même direction.

Lilli M.